Le nombre de startups opérant au Brésil ne cesse de croître. Selon l'Association brésilienne des startups (Abstartups), le pays compte déjà plus de 14 000 entreprises actives, et l'écosystème continue d'attirer des milliers d'investisseurs et de générer des milliards de reais chaque année, d'après les données du marché. Cependant, malgré cette croissance, de nombreux entrepreneurs négligent encore un aspect crucial : la sécurité juridique de leurs activités.
Selon Matheus Martins, avocat et fondateur de Barcelos Martins Advogados, un cabinet spécialisé dans le conseil juridique aux startups, des erreurs fondamentales commises en phase de démarrage peuvent engendrer des pertes considérables et même compromettre les levées de fonds. « Les fondateurs sont souvent tellement concentrés sur le produit et la recherche de financements qu'ils négligent les aspects juridiques, pourtant essentiels à toute entreprise. Sans une structure solide, la startup risque de stagner précisément au moment où elle commence à se développer », explique cet avocat, spécialiste en capital-risque et en droit des affaires.
Vous trouverez ci-dessous cinq erreurs juridiques courantes commises par les startups et comment les éviter :
1. Absence de contrat de partenariat :
L’absence de contrat de partenariat est l’une des principales erreurs commises par les startups à leurs débuts. Ce document définit les rôles, les responsabilités et les droits de chacun, et prévient ainsi les litiges ultérieurs. « Il est fréquent de voir des partenaires rompre leurs partenariats sans définir clairement qui conserve le produit, la marque ou les clients. Le contrat est ce qui distingue un partenariat professionnel d’une simple amitié », souligne Martins.
2. Absence de formalisation des relations avec les collaborateurs et prestataires de services :
Les startups font souvent appel à des freelances, des développeurs et des prestataires de services sans cadre juridique adéquat. Cela peut engendrer des litiges prud'homaux et des questions de propriété intellectuelle. Idéalement, tout devrait être formalisé par des contrats de prestation de services et des clauses de cession des droits d'auteur et des droits sur le code.
3. Négliger la protection des marques et de la propriété intellectuelle.
L'enregistrement de votre marque auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) est essentiel. Sans cette démarche, une autre entreprise peut utiliser le même nom et même empêcher son utilisation future. Selon des études de marché, le nombre de start-ups ayant déposé une marque reste faible dans le pays, ce qui représente un risque important pour les investisseurs.
4. Négligence en matière de conformité et de protection des données.
Depuis l'entrée en vigueur de la LGPD (Loi générale brésilienne sur la protection des données) en 2020, les entreprises qui collectent et stockent des données personnelles doivent respecter des protocoles stricts. Le contrôle de l'Autorité nationale de protection des données (ANPD) s'est intensifié, avec le lancement de nombreuses procédures de sanction. Les startups qui traitent des données sans politique de confidentialité s'exposent à des sanctions et risquent de perdre la confiance des investisseurs.
5. Manque de préparation aux levées de fonds.
L’absence de gouvernance, de clauses d’acquisition et d’une structure d’entreprise claire peut dissuader les investisseurs. « Les fonds de capital-risque effectuent des vérifications préalables approfondies. Si l’entreprise n’est pas légalement constituée, la levée de fonds échoue avant même de commencer », prévient Martins.
Selon l'avocat, la maturité juridique est essentielle à la professionnalisation des startups brésiliennes. « Les fondateurs doivent comprendre que les questions juridiques ne représentent pas une dépense, mais un investissement. Un contrat bien rédigé peut leur éviter des mois de litige et des milliers de réaux de frais par la suite », conclut l'expert.



