Le centre de distribution unique, qui a constitué pendant de nombreuses années la base du fonctionnement logistique d'une grande partie du secteur de la vente au détail, n'est plus la seule réponse à un marché de plus en plus numérique, régionalisé et axé sur les délais de livraison. Avec les progrès du commerce électronique et de l'omnicanal, les entreprises ont commencé à repenser la façon dont elles positionnent leurs stocks, en remplaçant les modèles concentrés par des réseaux plus flexibles, constitués de centres de distribution régionaux, de centres logistiques et de magasins physiques utilisés comme points d'expédition.
Cette transformation répond à un changement de comportement du consommateur, dont le parcours d’achat n’est plus linéaire et commence à s’effectuer sur différents canaux. Selon l'étude Mapa da Busca no Brasil 2026, réalisée par Optimiza Marketing en partenariat avec AB Pesquisas, 89,8% de recherches de produits et services sont effectuées sur smartphones. La découverte est répartie sur les places de marché, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les canaux propres aux marques, tandis que 46% d'achats en ligne sont effectués sur les places de marché, 25,7% sur les sites Web et applications des marques et 10,1% via WhatsApp Commerce. Pour les détaillants, cela signifie servir des consommateurs qui empruntent plusieurs canaux et attendent la même agilité quelle que soit l’origine de la commande, faisant de l’intégration logistique un facteur essentiel pour pérenniser cette expérience.
La décentralisation des stocks a donc gagné du terrain. Au lieu de faire en sorte que toutes les commandes proviennent d'une seule structure, les détaillants ont commencé à distribuer les produits à différents points stratégiques, rapprochant ainsi les stocks du consommateur final. Cette stratégie réduit la distance du dernier kilomètre parcouru, augmente la flexibilité opérationnelle et améliore la capacité à respecter les délais promis.
Des modèles tels que l'expédition depuis le magasin, qui utilise l'inventaire physique du magasin pour exécuter les commandes numériques, sont un exemple de cette évolution. En transformant les magasins en points d'expédition, les détaillants augmentent leur capacité de service sans compter exclusivement sur l'expansion de grandes structures logistiques. La stratégie permet également de mieux utiliser les actifs existants, notamment dans les catégories où la disponibilité et la rapidité influencent directement la décision d'achat, comme la mode, la beauté et les cosmétiques, les pharmacies, les supermarchés, l'alimentation, les animaux de compagnie et l'électronique.
La dispersion des stocks peut générer des gains importants en termes de temps, de coûts et d’expérience consommateur, mais elle nécessite une opération beaucoup plus intégrée. Disposer de plusieurs points de stockage ne signifie pas en soi disposer d’une logistique plus efficace. Il faut garantir une visibilité sur la disponibilité des produits, intégrer les canaux de vente et définir, en temps réel, le point d'origine le plus approprié pour chaque commande.
La technologie commence donc à jouer un rôle central dans ce processus. Les opérations comportant plusieurs centres de distribution, dark stores et magasins fonctionnant comme des hubs ont besoin de plates-formes capables d'identifier où le produit est disponible, de diriger l'expédition et d'organiser le dernier kilomètre en tenant compte de facteurs tels que les délais, la distance et la capacité opérationnelle. Sans cette intelligence, la décentralisation peut accroître la complexité, générer des inventaires fragmentés et compromettre l’efficacité.
L’un des principaux enjeux de ce modèle est de préparer précisément les différents points de stockage à agir de manière coordonnée. Les centres de distribution traditionnels fonctionnent généralement avec des niveaux de précision supérieurs à 99,5%, tandis que les magasins physiques ont généralement des taux compris entre 70% et 90%, selon McKinsey. Les données montrent que pour transformer les magasins en centres d'expédition efficaces, il est nécessaire d'investir dans des processus, des technologies et des formations pour garantir que l'opération maintienne la qualité attendue par le consommateur.
La stratégie varie également en fonction de la taille des entreprises. Les grandes chaînes ont adopté une combinaison de centres de distribution régionaux, de pôles urbains et de magasins physiques comme points de service. Les détaillants de taille moyenne ont tendance à progresser plus progressivement, en tirant parti des structures existantes et en s'appuyant sur des partenaires spécialisés pour étendre leur capacité logistique sans nécessairement réaliser de gros investissements en infrastructures.
Le mouvement ne signifie pas la disparition des grands centres de distribution. Ils continueront à jouer un rôle important dans l'approvisionnement, la consolidation des produits et l'organisation des opérations. Le changement réside dans la façon dont ils s'intègrent dans un réseau plus large, connecté par la technologie et composé de différents points d'origine capables de servir le consommateur plus rapidement et plus efficacement.
C'est une tendance qui devrait s'intensifier dans les années à venir avec la croissance du commerce électronique au Brésil. Selon l'Association brésilienne d'intelligence artificielle et de commerce électronique (ABIACOM), le marché brésilien du secteur devrait passer de 259,08 milliards de R$ en 2026 à 379,31 milliards de R$ en 2030, augmentant ainsi la demande d'opérations plus généralisées préparées pour différents formats d'achat et de livraison.
Dans l’avenir de la logistique de vente au détail, le DC unique ne sera plus le protagoniste absolu et fera partie d’un écosystème logistique plus connecté, plus flexible et mieux préparé aux nouvelles attentes des consommateurs.
*Norton Canali est directeur commercial chez EuEntrego.com, une logtech qui connecte les détaillants avec le plus grand réseau de livreurs indépendants au Brésil. - E-mail: euentrego@nbpress.com.br.



